Samedi 21 octobre 2006

l'université peinte par une de mes élèves

 

          Pour reprendre la liste des différences entre Chengdu et la capitale (qui n'a pas nécessairement lieu d'être je le concède mais qui démange les incorrigibles comparateurs que nous sommes et se prête bien à la description), citons le riz et le thé (ou le bouillon) à tous les repas, les hordes de moustiques, l'agitation des restaurants digne d'un jour de fête, les exclamations «laowai» («un étranger!») comme promis aux touristes par leur Guide du Routard, les laobans (patrons de resto) toujours aux petits soins, trois fois plus de vélos, des cyclo-pousses, la possibilité de recevoir les éclabousures des crachats du cycliste qui nous précéde...

A pédaler dans la marée des vélos et des cyclo-pousses, toutes clochettes tintinabulantes, on pense à un peloton du tour de France, soudé et déterminé. Hormis peut-être qu'il faut s'arrêter tous ensemble aux carrefours derrière une ligne sur laquelle règne une dame au coup de sifflet vindicatif; sans toutefois jamais relâcher son attention sous peine de rater son échappée en se laissant enfermer au top départ dans une vague qui ne prend pas la même direction. Circuler à vélo c'est aussi flotter dans un sentiment de liberté mêlé de saveurs de l'enfance, se faufiler hors des sentiers battus où des lieux cachés se révèlent à nos yeux (et en oublier presque que jamais on ne pourra y passer inaperçu). La semaine dernière, longeant les rivières (quatre rivières encadrent le centre de la ville), nous avons croisé un marché aux animaux domestiques, un autre aux oiseaux... Roulant hier vers le nord de la ville en direction du zoo, nous parcourions le dessous des échangeurs puis la banlieue, sombre de suie: univers de chiffoniers, solitude des oubliés, activité des rues caillouteuses, indolence d'une population bigarrée autour des tables à thé du temple Zhaojue, sur laquelle le monde extérieur ne semble pas avoir de prise.


           Sous la bruine, toute de végétation spongieuse, teintes de sous-bois, plans d'eau sombre, l'atmosphère du parc du Peuple jeudi dernier se faisait une fois de plus l'écho de nos souvenirs du Vietnam. L'animation y était pourtant bien chinoise: danse de salon, aérobic baroque, pêche à la ligne, sucettes en sucre, orchestres hétéroclites et chanteurs d'opéra amateurs flanqués de leurs haut-parleurs plus ou moins grésillants. Humides, à la recherche d'un couvre-chef pour le crâne fraîchement rasé de Benjamin, nous avons terminé notre déambulation dans le marché couvert qui nous avait vu faire nos premières armes en marchandage il y a deux ans: un marché branché du type de celui de Xidan à Pékin avec une touche de mauvais genre en plus, un micro-univers de filles trop maquillées qui exhibent des cigarettes et où, dans l'odeur écoeurante de leurs déjeuners à emporter, s'amoncellent des vêtements et chaussures, tous plus bizarroïdes et originaux, dignes d'un rêve d'adolescente.

Nos nouveaux moyens de transport sont aussi responsables des souffrances de notre arrière-train et nous avons même envisagé de retourner dans un fast-food plutôt quelconque pour ses fauteuils à l'assise élastique... Une grosse poule habite le quartier et déambule, à notre nez! À notre barbe! Un petit problème domestique nous mine, comme le disait si bien Benjamin: «on dirait qu'on vit dans une charcuterie qui vendrait du saucisson à l'ail». Nous calfeutrons tous les trous mais l'odeur continue d'empester par vagues notre appartement.


           Voilà maintenant que les laowais (là c'est pour voir si vous suivez) en balade se lancent des «Epinard? Bocai! Pastèque? Xigua! Cacahuètes? Huasheng!»... Relevons pour terminer sur les différences Chengdu-Pékin, l'improbabilité de trouver ici les plats en photo sur les cartes des restaurants. Ce qui nous a finalement poussé à étendre notre vocabulaire culinaire, légumineux, fruitier, boisonneux jusqu'alors limité et, d'être récompenser par une efficacité plus qu'encourageante le lendemain même au boui-boui du coin! Enfiévrés, nous avons même placé notre «à quelle heure ça ferme?» tout juste acquis auprès du gardien du parking à vélos.


           Plusieurs jours ont passé depuis l'écriture de ce qui précède, que je n'avais pas eu l'occasion de mettre en ligne. Entre-temps, la reprise du travail, dans une chaleur étonnante, a chassé les instants de contemplation et, nous avons commencé le chinois: cours particuliers le dimanche et cours pour les Français à l'Alliance le mercredi, des séances réellement enthousiasmantes où nous avons lu des phrases en idéogrammes (et compris beaucoup de choses sur ce qui nous entoure), prononcé des sons encore jamais sortis de nos bouches. Quelle merveille que le chinois! Mais nous sommes bien loin de maîtriser tous les pièges de prononciation de la langue. Ce midi, dans un restaurant de baozi (pains à la viande) et jiaozi (raviolis), nous avions beau prononcer sur tous les tons imaginables le mot « baozi », la serveuse ne comprenait pas ce que nous pouvions bien vouloir et, triomphante, a fini par nous apporter un journal (« bao »)... Stoïques, nous avons pris notre repas (finalement obtenu en désignant ce que nous demandions) au milieu des clients qui réclamaient et se voyaient servir leurs baozi.

 

Salut JP! Merci Laura pour les photos qui sont impressionantes!  Atchikatchik Mélanie et François ne t'inquiète pas, le lot de consolation est également de la viande de yack, idéal pour la croissance du petit. Bon Anniversaire Mémé, que je compte bien avoir au téléphone aujourd'hui quand j'aurai déniché une carte de téléphone internationale. Et gros bisous à tous les autres!

 

friture

 

par Sarah publié dans : Chengdu
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Samedi 14 octobre 2006

 

 

 

par Sarah publié dans : Chengdu
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Jeudi 5 octobre 2006

 

 

Huanglongxi est une ancienne petite ville (dynastie Qing) à 45 minutes de Chengdu, envahie hier par la foule en vacances. Près d'une rivière et au milieu des maisons en bois et de petits temples tout fumants se mêlent dans un agréable contraste babioles et attractions de fête foraine, spécialités de poissons et crevettes qui passent directement de vivants à votre assiette, vacanciers, paysans affairés et vieilles personnes sous leurs casquettes bleues qui observent sereinement ou se laissent photographier.... Derrière les façades pittoresques renovées de frais, les mines ingénues des commerçants, on entr'aperçoit des intérieurs rudes et sombres. A l'écart des rues centrales, on respire encore mieux  l'odeur de la Chine qui n'est pas celle de Pékin mais celle de mes premières découvertes: mélange de terre, de fumée, de riz qu'on touille devant chez soi dans de noires marmites.

 

 

 

 

 

Poissons frétillants, herbes du jardin... Faites votre choix et attendez qu'on vous prépare tout ça

 

 Dans nos bols, après transformation

 

 

 

Le tofu

 

 

 

 

 

Animaux de compagnie ou casse-croûte?

 

Pour reprendre le bus, il y avait un peu la queue...

 

par Sarah publié dans : Chengdu
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Mercredi 4 octobre 2006

 

Après l'achat des vélos, première expédition au quartier tibétain de Chengdu: un autre monde s'offre à nous, peuplé de moines et guerriers chevelus tout droit descendus de leur montagne....

Avouez quand même que ces nonnes bouddhiques sont plus attrayantes que les nôtres, avec leurs belles casquettes rouges. Seraient-elles influencées par la mode vestimentaire de nos cités? Un détail semble confirmer cette hypothèse.... Trouvez-le et vous gagnerez peut-être un des nombreux lots de viande de yack mis en jeu *

 

* un par famille et dans la limite des stocks disponibles

 

 

Et parce qu'il faut bien joindre l'utile à l'agréable, petite escale dans ce restaurant typique où l'on sert de délicieuses spécialités de coeur et viande de boeuf grillés, regrillés et finalement fossilisés (accompagnées néamoins de pain chaud et arrosé d'un thé au beurre de yack qui fait la renommée culinaire des tibétains et qui risque peut-être d'entamer la vôtre), qui vous donne l'impression d'être, outre un explorateur et aventurier hors pair, un archéologue émérite.... tout cela dans un cadre douillettement rustique que nous n'avons pas eu le loisir de prendre en photo, vu les milliers d'yeux qui sortaient des murs lépreux pour nous observer manger....

 

 

 

Dans les "fausses vieilles rues autour du temple Wuhou"

 

 

par Benjamin publié dans : Chengdu
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Lundi 2 octobre 2006

 

 

 

par Sarah publié dans : Chengdu
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